Jardin privé

Je ne vais pas commencer par “il était une fois…”, mais je ne serai pas loin de cette petite introduction indémodable…

Il y a tant à dire quand on a pu vivre une évolution de plus de 20 ans d’un jardin, et si peu de personnes qui prennent encore le temps de lire un texte long ou une histoire complète en ces temps où tout doit aller si vite, où une publication sur Twitter (max 140 caractères, que voulez-vous que je fasse avec cela…), Facebook (c’est “has been”, c’est pour les vieux comme moi, on ne communique plus par là avec les jeunes), Whatsapp etc… (pardon, j’oublie Tik-Tok, mais là c’est bien trop jeune pour moi 🙂 ) fait le tour de la planète avant que l’on puisse avoir le temps de relire ce que l’on a publié…

Donc mon choix est de passer par un bon “vieux” site internet, et que ceux qui le souhaitent vraiment prennent le temps de se poser, et de lire notre aventure. Si vous êtes encore là, bravo, vous êtes une perle rare en ce bas monde 🙂 
Bienvenue aux courageux des temps modernes qui me liront !

Tout à démarré en 1998 quand j’ai découvert ce terrain familial de la grand-mère de mon épouse, là au beau milieu du village d’origine de sa famille: Sibret.
Tout sera vite évident: le choix de s’installer là, le choix de profiter du vaste espace pour initier un jardin paysager de plus de 20 ares déjà grand pour l’époque, et l’évidence du potentiel du terrain pour agrandir l’espace aménagé à mon gré dans le futur.

La suite sera influencée par mon cheminement professionnel, des passages plus délicats durant lesquels l’appel du jardin aura grandi en moi et permis de traverser les épreuves: le jardin est ma “bouffée d’oxygène” incontournable, et a révélé ma passion profonde pour le paysagisme.

2020, 70 ares sont aménagés et entretenu dans un style de “Jardin Ardenais d’influence Japonaise”, mélange des fondamentaux de l’Ardenne avec des traits typiques de l’Asie.

L’aventure de l’indépendance a démarré, Art Chi Vert est né en avril 2019.

Les premiers pas dans l’histoire du jardin sont décrits dans le 1er article de mon blog. Les espèces indigènes classiques (Epicéas, Bouleaux, Hêtres et Chênes) seront rejointes par quantité de conifères, libres ou structurés en Niwaki, d’érables du Japon et de plantes persistantes diverses, sans oublier un choix d’arbres remarquables tels que le Tulipier, l’Orme Doré et le Charme Fastigié, les Chênes d’Amériques, les Catalpas et Liquidambars…, et le minéral qui me tient à coeur.

La maison

La maison est bien entourée

Il est bien logique de commencer par aménager les espaces proches de la maison.

Le décor avoisinant ? Une ferme et un terrain arrière dégagé vers un horizon pratiquement nu, l’idée première sera de créer à terme notre propre horizon.

Avant même la construction de la maison, nous avions déjà planté nos premiers arbres et conifères, sans même dépenser le moindre franc. Oui, à l’époque, 1998, l’Euro pointait le bout de son nez, mais on parlait toujours en francs belges, une autre époque…

Quelques parcelles forestières familiales ont permis de trouver sans problèmes les végétaux indigènes garantissant pratiquement le succès de la plantation: alors que les premiers coups de pelles étaient donnés à l’été 1999 pour le terrassement de la maison, le fond du terrain était ceinturé de bouleaux, hêtres, chênes et épicéas déjà bien verts. L’ossature de base était là et ne nous quittera plus.

La fin de la construction sera le moment de mettre en place un grand parterre de conifères au Sud de la maison, nous garantissant une masse végétale tout au long des 4 saisons, et mon intérêt pour les conifères et les plantes persistantes ne fera que de se développer par la suite.

Ce n’est que 10 ans plus tard, après une vaste période ou les enfants ont bien profité du grand jardin dégagé des débuts, que nous déciderons de réaliser un plan d’eau près de la maison et d’aménager ses abords. Les enfants grandissent, le jardin évolue aussi…

Le jardin japonais

Le "Jardin Ardenais d'inspiration Japonaise", devrais-je dire

Il y a des moments de la vie où des évidences vous sautent aux yeux, où des éléments vous parlent plus que d’autres.

C’est ce qui m’est arrivé en 2006, à l’automne plus précisément, un premier moment plus difficile professionnellement et durant lequel je découvre le Jardin Japonais de Hasselt. L’association du moment difficile et du moment de bien-être, certains me diront un premier signe du yin et du yang, tiens donc…

Un vrai choc, positif, une révélation, une sensation de bien-être que je n’avais jamais encore ressentie à ce point en pleine nature.
J’ai toujours apprécié me ressourcer dans la nature, à pied, à vélo ou même en voiture, en forêt comme au bord d’un lac ou à la montage et à la mer, mais là c’était différent, plus beau, plus grand, plus fort.
Le style, l’esthétique de l’endroit, les plantes, les pierres, les koïs, une énergie palpable partout, l’impression que l’on fait le plein par tous les sens, du calme de l’endroit au bruit des cascades, de l’ombre des arbres taillés à la splendeur des espaces dégagés…

Un mois à peine me suffira après cette visite à Hasselt pour prendre le tracteur tondeuse, franchir la limite du “premier terrain” pour sillonner la pâture en me demandant comment je pourrais réaliser un jardin japonais, là, chez moi, dans mes Ardennes profondes.

L’aventure commence, je me lance dans la construction de mon “Jardin Japonais”.

Jamais ce ne sera un jardin japonais authentique, je suis bien loin de la pratique ancestrale de ces véritables maîtres jardiniers, artistes de la nature.
Il me parait bien plus respectueux de leur vaste culture de parler donc de “Jardin Ardennais d’inspiration Japonaise”, ou du moins de parler de “jardin japonais” entre guillemets!
Et je ne veux pas tomber dans le cliché bien trop souvent présent en occident du jardin soit-disant Japonais, qui est plus un jardin “commercial japonais” devenant une collection d’objets et plantes sans en comprendre toute la culture et la symbolique, cachée pour une occidental, bien perceptible pour un asiatique.

J’ai eu la chance de mettre la main sur un ouvrage remarquable, “le livre secret des jardins japonais”, connu sous le nom de Sakutei-Ki, révélation aussi dans l’apprentissage, les codes, le mode d’explication japonais, un livre aussi âgé que moi puisqu’il date de 1972 dans la version que je possède. Il m’impose de rester bien humble dans ma réalisation, jamais je n’aurai la prétention de dire que j’ai un jardin japonais authentique… mais l’inspiration de ces aquarelles tellement parlantes est bien là, entourées de plantes indigènes et matériaux bien ardennais, telle que la pierre bleue de Bastogne.

 

Et tout demarra

Un tracteur, des ondulations, des plantations bien timides pour les premiers pas dans la zone, et cet horizon qui changera bien dans les années à venir… Des articles du blog traiteront de ces évolutions, patience et bonne lecture…

Un petit arboretum pour finir...

J’ai aménagé progressivement l’espace arrière, repoussant toujours plus loin la ligne d’horizon de mes plantations, mais prudemment, car l’exposition aux vents dominants et la faune m’auront causé bien des soucis durant mes dix premières années, entre plantes gelées, déracinées, ou simplement mangées… Le terrain est à cette époque entouré de pâtures, exposé aux quatre vents, un contexte trop rude pour nos jeunes plantes. 
La vie d’un jardin est faite de hauts et des bas, et jamais le jardin d’une année ne sera semblable entièrement au jardin de l’année précédente, la nature fait son oeuvre, et l’homme s’adapte.

Mais la troisième zone se met en place dans la foulée du jardin sec, sous forme d’un arboretum, une zone ou les plantes remarquables sont espacées au mieux (Charme Fastigié, Catalpa, Tulipier, Liquidambar, Cèdre, Tilleul…), afin de leur permettre de développer tout leur côté majestueux. C’est la dernière zone en aménagements majeurs à ce jour.
Si le jardin proche de la maison et le jardin sec ont leur structure finale en place, je suis toujours occupé en 2020 à finaliser la zone de mon arboretum et ses alentours.

En 2020, ce n’est donc pas fini (en fait je crois bien que ce ne sera jamais vraiment fini 🙂 ), car les circulations doivent évoluer, les dernières plantations 2019-2020 doivent me permettre de créer des massifs bas pour délimiter les contours de cette 3ème zone, les zones plantées doivent être couvertes de copeaux et/ou de pierre, mais ceci sera pour la suite de l’aventure.

Les idées de projets ne manquent pas, entre un pavillon de Thé de style Japonais, des chemins de bois, la pose de Tori…, et si le Covid n’était passé par là le jardin aurait été ouvert au public, ses 15 à 20 ans de maturité permettant maintenant de l’exposer plus franchement. Les contacts sont pris pour initier cela dès la crise sanitaire passée.

Une vue panoramique en drône, rien de tel pour avoir une vue d’ensemble du terrain, ici à la sortie de l’hiver 2020-2021 alors que les feuilles ne sont pas encore présentes. Cela permet de visualiser clairement la place occupée par les conifères au jardin.

Nous sommes fin mai 2021, les feuillus et les arbustes s’éveillent tardivement cette année, la zone du petit arboretum est bien clairsemée, mais les volumes reprennent place 🙂 . Ce n’est que fin juin que Catalpa, Tulipier, Cornouillers et Liquidambar seront sans doute plus présents dans le tableau 😉

 

La surprise en ce début 2021 est qu’un projet de lotissement massif (15 habitations de l’hectare, cela correspond à plus de 10 maisons sur un espace comme mon jardin de 70 ares!) est initié par notre Commune, et que notre jardin est tel un village Gaulois au milieu de ce projet Romain.

Je mentirais bien sûr en parlant d’une bonne surprise, même si je comprends bien le besoin de zones d’habitat pour notre Commune, nous savions que nous étions entre 2 voies aménageables “un jour”, mais nous n’avions jamais pensé à un lotissement d’une telle ampleur depuis plus de 20 ans que nous sommes là, et encore moins que le jardin puisse être considéré comme une zone exploitable pour ce projet.

L’évidence est que le récit continuera, je le compléterai encore et encore, soit sur cette page soit au travers du blog du jardin que je vous invite à découvrir par ailleurs: